Inclure les personnes invalides dans le mouvement environnemental

Sustaining All Life souhaite et nécessite la participation de tout le monde, en particulier des personnes invalides.* Il ne s’agit pas de leur faire une faveur — toutes les perspectives et toutes les opinions sont nécessaires dans le travail que nous menons pour préserver le vivant. 

Les personnes invalides représentent dix à quinze pourcents de la population globale. Les membres de ce groupe appartiennent à toutes les couches de la population. Il est probable qu’il y aura de plus en plus de personnes invalides à cause des effets accrus du changement climatique.

Les personnes invalides sont des personnes résilientes. Elles sont créatives — elles ont souvent eu à accomplir les choses différemment. Elles ont beaucoup à offrir. Elles sont exclues principalement à cause d’attitudes discriminatoires, non pas à cause de leurs problèmes de santé, ni de limitations physiques ou émotionnelles. Les gens non familiers avec l’invalidité ont parfois peur des personnes invalides, une réaction souvent fondée sur d’anciennes superstitions et des peurs irrationnelles vis-à-vis de la contagion.

Les Nations-Unies, la Croix Rouge, et d’autres organisations emploient souvent l’expression “personnes à besoins spécifiques”. Cette généralisation ne reconnaît pas et ne traite pas des caractéristiques spécifiques de ces personnes — par exemple, leur vision, leur ouïe, leur mobilité, leur développement cognitif, une possible maladie chronique, ou le genre et l’ethnicité. On voit parfois des attitudes du genre “elles ont trop de besoins” résultant en une catégorisation. Un autre mythe dommageable est celui selon lequel “les professionnels en savent plus long.” Le slogan de la communauté des personnes invalides est “rien qui nous concerne sans nous !”

Les personnes invalides se sont mobilisées et ont lutté pour des politiques progressistes. Par exemple, la Convention des Nations-Unies relative aux Droit des Personnes Handicapées (ONU-CDPH) a fait qu’un certain nombre de pays et de communautés instituent non seulement le droit à des soins médicaux et à des services de rééducation, mais aussi l’égalité d’accès à l’éducation, à l’emploi, aux transports et à l’aide judiciaire/sociale.

Les personnes invalides sont impactées de façon unique par le changement climatique. Par exemple, au cours d’une catastrophe, elles peuvent se voir négligées et abandonnées à une mort certaine. Les organes législatifs ou exécutifs commencent à prendre en compte leurs opinions mais ils ne comprennent toujours pas ce dont les personnes invalides ont besoin pour survivre dans des circonstances environnementales dégradées. En réalité, nous pouvons penser à chaque personne et prendre soin de tout le monde de façon équitable.

Établir le contact avec des personnes invalides

Oui, il y a des choses à apprendre si l’on veut inclure des personnes invalides dans sa vie. Mais il ne s’agit pas de suivre des règles ou “d’être sympa“. Il s’agit de se faire des ami·e·s. La meilleure façon d’en apprendre sur l’accessibilité, c’est d’établir des relations avec des personnes invalides (pas en agissant comme personne “bienfaitrice“ ou en les “aidant“.) Les enfants au sein de structures intégrées peuvent être de bons modèles — souvent, ils incluent leurs camarades invalides avec une grande facilité. Il est possible pour nous tou·te·s de jouer ensemble, de prendre du plaisir et de trouver des solutions en chemin.

Sur Internet, vous pourrez trouver des “trucs pour prendre en compte les invalidités“. Recherchez les mots-clé “accès et adaption“, “inclusion des invalidités“, “interprètes en LSF“. Il existe des sites utiles dans des centaines de langues. Voici quelques exemples de “trucs“ :

  • Demandez d’abord si une personne invalide a besoin d’aide. Ne saisissez pas le bras d’une personne malvoyante, ne poussez pas le fauteuil roulant de quelqu’un sans lui demander. Sollicitez et écoutez des instructions. Faites face à une personne malentendante quand vous lui parlez. Si possible, proposez une amplification lors d’un événement.
  • Ne craignez pas de “faire des erreurs”. Ne redoutez pas de dire quelque chose de travers ou d’utiliser les mauvais termes. Soyez détendu·e — c’est bien d’établir le contact et d’apprendre en chemin.
  • Les personnes invalides seront tout à fait disposées à nous faire connaître leurs besoins. Elles peuvent nous aider à devenir de bon·ne·s allié·e·s.

Au sein de Sustaining All Life, nous travaillons pour (1) créer une prise de conscience des dégâts émotionnels qui interfèrent avec la capacité de réfléchir et d’agir pour mettre fin à la dégradation environnementale et (2) réparer ces dégâts sur une base individuelle. 

Nous proposons un soutien mutuel, une écoute motivée ainsi qu’un processus qui libère les gens des effets de l’oppression et autres blessures. En utilisant ce processus, les gens peuvent avoir une pensée plus claire à propos de la crise environnementale, bâtir et renforcer des alliances, et prendre du plaisir à travailler ensemble pour remettre le monde en bon état. Cela leur apporte du courage et de l’endurance, ainsi que la confiance dans l’idée qu’il est possible de créer un avenir juste et durable pour tout le monde.

* Nous définissons l’oppression des personnes invalides (parfois appelée capacitisme) comme le préjudice envers les personnes atteintes d’une invalidité. Les personnes invalides sont supposées être inférieures, pesantes, malhabiles, asexuées ; et dénuées de droits, d’accès et d’inclusion dans le corps principal de la société.

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