Le rôle des États-Unis dans l’urgence climatique globale

Pour que la population du monde ait la meilleure chance de gérer l’urgence climatique, le gouvernement des États-Unis doit faire les choses suivantes :

  • Rester signataire de l’Accord de Paris datant de 2015 et renforcer son engagement envers celui-ci
  • Remplir ses engagements financiers envers les Nations-Unies et envers les institutions financières internationales pour le climat, tel que le Fonds Vert pour le Climat
  • Mettre en œuvre des politiques et des législations qui obligent les industries et autres secteurs de l’économie à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), comme stipulé dans le rapport d’octobre 2018 du GIEC (réduire les émissions d’au moins 45% d’ici 2030 et atteindre le niveau zéro d’ici 2050)
  • Cesser tout soutien à l’exploration, au développent et à la production de combustibles fossiles
  • Engager d’importantes ressources financières dans l’exploration et la mise en œuvre de solutions-carbone naturelles
  • Soutenir la “politique du conflit d’intérêt” pour interdire la participation des industries liées aux combustibles fossiles aux négociations sur le climat menées sous l’égide des Nations-Unies

Pour que la population du monde ait la meilleure chance de gérer l’urgence climatique, les industries des États-Unis doivent faire les choses suivantes :

  • Effectuer une transition entre combustibles fossiles et énergies renouvelables aussi rapidement que possible, sans attendre des incitations économiques à le faire.
  • Commencer à planifier une économie qui ne soit pas fondée sur la croissance illimitée (Une croissance sans fin et sans limites est ce qui nous a menés où nous en sommes)

Pour que la population du monde ait la meilleure chance de gérer l’urgence climatique, la population des États-Unis doit faire les choses suivantes :


  • Se mobiliser pour accomplir les actions ci-dessus
  • Surmonter le conditionnement qui nous pousse à acquérir et à consommer plus que ce dont nous avons besoin (il y a suffisamment de ressources disponibles pour que tout le monde vive bien)
  • Décider d’utiliser les ressources de façon rationnelle sans attendre que les gouvernements et les industries abandonnent leur politiques destructives (Les dirigeants officiels ont jusqu’à présent échoué à agir — nous pouvons et devons assumer le leadership)
  • Partager nos ressources avec celles et ceux qui font face à la crise avec des ressources insuffisantes (Nous sommes tous dans le même bateau)

Justification

Le gouvernement des États-Unis d’Amérique (USA) et le système économique des USA (les compagnies et les banques, en particulier) jouent un rôle particulièrement négatif. Ils ont menti à la population à propos de la réalité du changement climatique et ont continué de s’engager dans des pratiques qui empirent l’urgence climatique. Les USA ont menacé de se retirer de l’Accord de Paris signé en 2015 (ce qui inciterait d’autres pays à le faire également) — minant ainsi presque certainement les efforts globaux pour gérer l’urgence climatique. En tant que puissance économique majeure, et deuxième source d’émission de GES (historiquement la plus importante), l’action des USA est d’une importance vitale.

Le rapport du GIEC d’octobre 2018 indique clairement que le changement climatique est un désastre global en gestation et qu’il va devenir de plus en plus grave si on ne s’en préoccupe pas. Comme les efforts globaux pour affronter le changement climatique ont été tardifs et inadéquats, le problème est à présent si grand qu’il faudra des ressources très importantes et des actions collectives pour y faire face suffisamment rapidement pour éviter des conséquences catastrophiques. D’après le rapport du GIEC, nous avons onze années devant nous pour effectuer des réductions massives d’émissions de GES (quarante-cinq pour cent d’ici 2030, pour atteindre le niveau zéro d’ici 2050) — alors que les émissions globales et celles des USA continuent d’augmenter.

Le gouvernement des USA s’est engagé à soutenir l’industrie étasunienne des combustibles fossiles et à étendre leur production. C’est le plus important producteur de pétrole et de gaz dans le monde et le troisième plus important producteur de charbon. Beaucoup plus de charbon, de gaz et de pétrole est produit que nous pouvons en consommer tout en maintenant le réchauffement global en-dessous de 2°C (l’objectif international est de 1,5°C). Une poursuite de cette production sera catastrophique.

Le gouvernement des USA (en collaboration avec l’industrie des combustibles fossiles) a mené des efforts au sein des Nations-Unies pour ralentir l’action contre le changement climatique. Il a sapé les efforts visant à fournir aux nations en développement des ressources leur permettant de faire face aux conséquences déjà dévastatrices du changement climatique sur leur population et leur territoire. Les nations en développement ont demandé aux nations riches d’agir plus rapidement. Elles ont demandé une aide financière — afin de rendre leur société plus résiliente au climat, affronter ce qu’elles subissent déjà et assurer la transition entre combustibles fossiles et énergies renouvelables. Si elles continuent de se reposer sur les combustibles fossiles pour se développer, elles ajouteront aux émissions de GES. Les USA entravent également les efforts visant à exclure l’industrie des combustibles fossiles des négociations sur le climat menées sous l’égide des Nations-Unies.   

Pour éviter la catastrophe globale, les USA doivent faire les choses suivantes : cesser de se reposer sur les combustibles fossiles, consacrer des ressources importantes à la transition vers une économie neutre en émissions carbone, et aider les nations en développement. Si nous tardons, le coût des actions futures (si elles sont encore possibles) serait bien plus important que celui nécessaire aujourd’hui pour aider les nations en développement et réduire nos propres émissions.

Le système économique des USA a conditionné la population étasunienne à consommer bien plus que ses besoins nécessaires pour bien vivre. Cette consommation excessive ajoute de façon importante à nos émissions de GES. Seule une petite fraction de la population mondiale a atteint un niveau de consommation comparable au niveau des USA. 

Une étude récente montre que les changements de comportement individuels à grande échelle pourraient réduire les émissions de GES de dix-neuf à vingt-cinq pourcent. Ces changements pourraient consister à (sans ordre de priorité) : substituer d’autres moyens de transport aux véhicules individuels à moteur thermique, électrifier nos logements et réduire leur consommation énergétique, installer des chauffages et des chauffe-eaux solaires ou des micro-éoliennes sur les toits, recycler, utiliser un éclairage et des équipements à haute efficacité énergétique, ne pas acheter de produits sans réelle utilité, manger plus d’aliments à base de plantes et moins à base de protéine animale, diminuer le gaspillage alimentaire et composter. Beaucoup d’Étasuniens ont les moyens d’entreprendre de telles actions dès maintenant.

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